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Apaisez votre esprit !

Se reconnecter à soi pour mieux s’ouvrir aux autres : un cercle vertueux qui se nourrit du lâcher-prise et de la stimulation des sens. Dans cette partie, vous trouverez un article bien-être

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Jardiner pour rester vivant au monde

Se pencher pour arracher une plante indésirable, glisser ses doigts dans la terre fraîche, arroser une plante en pot, observer une jeune pousse qu'on n'avait pas remarquée la veille. Chaque jour, quelques minutes passées au jardin ou sur un balcon suffisent à mobiliser le corps autrement. On s'accroupit, on se relève, on tire, on tasse, on touche, tandis que le dos s'étire, que les mains travaillent et que les yeux s'attardent sur un détail. Ces mouvements modestes, répétés au fil des jours, entretiennent une mobilité que la vie sédentaire émousse trop souvent.

Mais ce que le jardin offre va bien au-delà de l'exercice physique et, presque à notre insu, ces gestes structurent notre rapport au temps. En prenant soin d’un jardin ou des plantes installées sur un balcon, on apprend à attendre une floraison qui viendra dans plusieurs semaines ou à patienter pour qu'une bouture prenne, à observer une croissance qui se fait lentement, sans qu'on puisse l'accélérer. Cette lenteur nous apaise. Le jardin enseigne, à qui le fréquente régulièrement, que tout ne se résoud pas dans l'instant, et que certaines choses méritent d'être attendues.

Le jardin nous offre aussi une raison de sortir le matin, pour vérifier l'état de la rosée et l'orientation du vent. Il nous incite à consulter la météo avec attention, parce qu'une averse annoncée pourrait changer le cours de la journée. Il nous offre un prétexte pour marcher et flâner en écoutant le chant des oiseaux. Il nous permet parfois de discuter avec le voisin par-dessus la haie, d'échanger des graines, de comparer les récoltes ou de partager une bouture. Toutes ces petites raisons, mises bout à bout, structurent une vie quotidienne et nourrissent un sentiment de présence au monde.

Les gestes du jardinier exigent notre attention, qu’il s’agisse de consulter la météo pour planifier un arrosage, d’observer les signes que nous offrent les plantes, à l’instar du jaunissement d’une feuille ou de l’inclinaison exagérée d’une tige. Cette attention est apaisante et occupe l'esprit sans jamais le saturer. Elle déplace notre regard du dedans vers le dehors, nous aidant à passer du registre des préoccupations à celui d’une présence.

Nul besoin de disposer d'un grand terrain pour profiter de ces effets. Quelques pots sur un rebord de fenêtre, un balcon bien garni ou une jardinière de plantes aromatiques près de la cuisine suffisent à entretenir cette relation. Ce qui importe, c’est la régularité des gestes et des attentions, la présence qu'on accorde à des êtres vivants avec lesquels nous entretenons une relation d’interdépendance.

Jardiner, c'est habiter le monde avec plus de douceur. Ce n'est ni un remède, ni une thérapie. C'est une manière, modeste et patiente, de rester en lien avec ce qui pousse, ce qui change, ce qui vit et meurt autour de nous.