Apaisez votre esprit !
Se reconnecter à soi pour mieux s’ouvrir aux autres : un cercle vertueux qui se nourrit du lâcher-prise et de la stimulation des sens. Dans cette partie, vous trouverez un article bien-être.

Le toucher, un sens essentiel pour vivre mieux
Nous voyons, nous entendons, nous goûtons et nous sentons. Mais touchons-nous vraiment ? Il ne s’agit pas seulement de saisir ou de manipuler des objets autour de nous. Mais plutôt de ressentir le monde qui nous entoure, pour être présents à ce que nos mains effleurent et à ce que notre peau perçoit, à chaque instant.
Très précoce, le toucher le premier sens développé par l'être humain dans le ventre de sa mère, dès la huitième semaine de grossesse. C'est aussi, pour la grande majorité des individus, le dernier à disparaître en fin de vie. Paradoxalement, c'est celui que nos existences modernes ont le plus silencieusement appauvri. Depuis l’essor des technologies, nous vivons dans un monde fait de surfaces lisses et indifférentes au contact. Bien loin de l’Odyssée et d’une nourrice qui reconnaît Ulysse au toucher d’une cicatrice, les écrans tactiles répondent à nos doigts sans rien leur donner en retour, hormis quelques vibrations informatives. Ces outils nous ont inculqués des gestes fonctionnels, rapides et distraits. Ils nous incitent à « toucher pour faire », et non pour ressentir. Les scientifiques s’intéressent depuis des années au coût associé à un tel appauvrissement sensoriel, sur l’humeur et sur le sommeil, ainsi que sur un sentiment diffus mais réel d'être déconnecté de soi et des autres.
Redécouvrir le toucher ne demande aucun équipement et n’exige aucun effort particulier. Il suffit de ralentir, de porter attention à ce que les mains font, pour passer, à certains instants choisis, d’un geste machinal à une action pleinement consciente.
Que dit la science ?
Le toucher, doux et conscient, déclenche dans l'organisme une cascade de réactions bénéfiques. La peau est l'organe sensoriel le plus étendu du corps humain. Elle représente environ deux mètres carrés chez un individu adulte. Elle est parcourue de millions de récepteurs nerveux spécialisés, sensibles à la chaleur et au froid, capables de distinguer une pression légère d’un appui marqué, et une texture rugueuse d’une matière douce. Lorsque ces récepteurs sont stimulés de façon intentionnelle, le cerveau libère de l'ocytocine, souvent appelée "hormone du lien" ou "hormone du câlin", dont les effets sont multiples : baisse de la tension artérielle, diminution du cortisol, réduction de l'anxiété, amélioration de la qualité du sommeil. Le système nerveux parasympathique, responsable de la détente et de la récupération, prend le dessus sur le système sympathique, notamment responsable du stress. Ces effets ne sont pas réservés au contact avec autrui. Le simple fait de toucher consciemment un objet familier, une surface agréable ou sa propre peau, produit des bénéfices mesurables sur l'état émotionnel et physiologique.
Penser à toucher vraiment
Le toucher conscient n'est pas une pratique réservée aux salles de méditation. Il s'invite dans les gestes les plus ordinaires, à condition de leur accorder une seconde d'attention véritable et entière :
- Les draps en se couchant. juste avant d'éteindre la lumière, poser les deux mains à plat sur le drap ou la housse de couette. Sentir leur fraîcheur, puis leur chaleur progressive. Ne durant que quelques secondes, ce geste suffit à signaler au corps que la journée est terminée et que le repos peut débuter, sans stress.
- Le pain à table. Avant de couper ou de rompre le pain, le tenir dans les mains un instant, pour sentir sa croûte et sa résistance légère. Le pain est assurément un aliment tactile et l'un des plus familiers à la main humaine.
- Les cheveux d'un proche. Passer les doigts dans les cheveux d'un enfant, d'un conjoint ou d'un ami… lentement, sans raison particulière. C’est l'un des gestes les plus apaisants qui existent, pour celui qui donne et pour celui qui reçoit. Les études sur le toucher affectif montrent que ce type de contact réduit significativement le niveau de stress des deux personnes impliquées.
- Sa propre peau. Appliquer une crème sur ses mains, ses bras ou son visage, pas mécaniquement, mais avec attention et douceur. Sentir la texture de la peau, sa température et ses aspérités. Ce geste simple, pratiqué lentement, est une forme de présence à soi que la précipitation quotidienne efface trop souvent.
- Les vêtements. Avant de s'habiller, prendre un instant pour sentir la matière entre les doigts. La douceur d'un coton lavé cent fois, la légèreté d'un lin, la chaleur d'une laine.
- Les surfaces naturelles. L'écorce d'un arbre, une pierre ramassée sur le sol ou le bord d'une feuille. La nature offre une diversité tactile que les objets manufacturés ne peuvent égaler. Même en milieu urbain, un parc, un jardin, quelques plantes sur un balcon suffisent à retrouver cette richesse.
Il n'est peut-être pas anodin que le premier geste spontané face à un objet en porcelaine soit de le toucher. Saisir une tasse, en sentir le poids dans la paume de la main, effleurer son bord du bout de l'ongle pour en entendre le tintement. La porcelaine, matière à la fois froide et douce, lisse et légèrement vibrante, sollicite le toucher comme peu d'autres matières. Elle récompense l'attention et rend perceptible ce que l'œil seul ne peut saisir.