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Bandeaux 10 Raisons de sengager (4)

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Shigeru Ban : l'architecte qui bâtit avec l'impossible

« L'architecture n'est pas un privilège. C'est une réponse à un besoin humain fondamental : celui d'être abrité, d'être digne, d'être chez soi. »

Shigeru Ban

  

1 • Couverture

Les façades des musées affichent parfois le nom de leur architecte comme une signature. Pourtant, la plupart du temps, nous habitons des bâtiments sans savoir qui les a pensés. L’architecte japonais Shigeru Ban appartient autant au monde des honneurs qu’à celui du travail discret, mené au plus près des vies bousculées par des catastrophes environnementales.

 

Shigeru Ban a imaginé des musées lumineux, conçu des cathédrales provisoires et réalisé des pavillons d'exposition un peu partout dans le monde. Mais il a également passé de nombreuses nuits à plier des tubes de papier dans des gymnases bondés, après des tremblements de terre et des glissements de terrain, pour redonner à des familles épuisées un rideau rudimentaire d'intimité. Avec obstination et patience, il défendit tout au long de sa carrière une idée primordiale qui consiste à refuser d’opposer la beauté et l’utilité d’un bâtiment. Pour lui, les matériaux les plus humbles peuvent produire les espaces les plus nobles. Tout architecte sérieux endosse une responsabilité envers le monde et doit être prêt à tenir un rôle qui dépasse le cadre protecteur de ses bureaux ou de ses ateliers.

2 • Les trois dômes du pavillon de l’Exposition universelle 2025 | Photo Hiroyuki Hirai

Une enfance entre du bois et de la musique

Shigeru Ban naît à Tokyo le 5 août 1957, dans une famille où les sensibilités artistiques se croisent sans se confondre. Son père, cadre chez Toyota, est un mélomane passionné et l’oblige à étudier la musique et à apprendre le violon. Sa mère, créatrice de mode, fréquente chaque année les défilés de haute couture et de prêt-à-porter de luxe, à Paris et à Milan. Ces nombreux allers-retours entre le Japon et l'Europe imprègnent le jeune Shigeru d'une curiosité pour la diversité culturelle, tout en faisant naître en lui un goût prononcé pour les voyages.

À cette époque, la maison familiale, une demeure traditionnelle en bois, est régulièrement rénovée par des artisans charpentiers, sous le regard fasciné du jeune Shigeru. Ce dernier découvre la précision des gestes des ouvriers, leur manière savante d’assembler les pièces de bois, selon une économie de moyens qui force le respect. Sur le chantier, il récupère des chutes de bois et les assemble à son tour, construisant de petites structures avec une patience d'orfèvre. Combinant observation et pratique, il découvre l’art de la menuiserie.

3 • Portrait de Shigeru Ban | Photo Mr. Hiroyuki Hirai

Au collège, ses maquettes retiennent déjà l'attention de ses professeurs. Pour un devoir de vacances en fin de troisième, il réalise une miniature qui est exposée dans son école comme le meilleur travail de l'année. Élève très travailleur, Ban est aussi un apprenti rugbyman assidu. Pratiquant ce sport depuis l'âge de dix ans, il est sélectionné dans l'équipe juniors de la région de Tokyo. Pour ses études supérieures, il envisage tout naturellement d'entrer à l'université Waseda, réputée à la fois pour son département d'architecture et pour la qualité de son équipe de rugby. Mais une rencontre fortuite, chez son professeur de dessin au lycée, bouleverse tous ses plans. Feuilletant distraitement une revue, il tombe sur un article consacré à l’architecte américain John Hejduk, doyen de la Cooper Union à New York, surnommé « l'architecte de papier » pour ses projets de construction, plus proches de la philosophie que du bâtiment réel. Cette lecture le fascine et suscite en lui un désir profond. Ces maquettes, ces plans qui ne mèneront jamais à de véritables constructions, disent à Ban quelque chose d'essentiel à propos du rôle de l'architecture. Désormais convaincu que cet art ne doit pas être réduit à un ensemble de techniques, Ban envisage de considérer son futur métier comme un espace de pensée et un engagement envers le monde. En 1977, il décide de s’envoler pour la Californie, armé d’un portfolio remarquablement riche pour son jeune âge, et malgré un anglais encore balbutiant. Toutefois, Cooper Union n'accepte pas directement les étudiants étrangers et il lui faut commencer par s'inscrire dans une école américaine pour pouvoir solliciter un transfert. Il choisit le Southern California Institute of Architecture, une école récemment fondée, installée dans un entrepôt rénové de Los Angeles, dont l'atmosphère libre et expérimentale le séduit immédiatement. Raymond Kappe, le fondateur de l’école, impressionné par le portfolio fourni de ce jeune Japonais qui ne parle presque pas l’anglais, l'accepte directement en deuxième année. Ban découvre les Case Study Houses, des maisons expérimentales conçues dans l'après-guerre, qui visent à explorer de nouvelles façons d'habiter, nourries d'influences japonaises. Pour lui, une boucle se referme et une inspiration prend forme.

  4 • Façade de l’université privée de Cooper Union, New York (USA)

 

En 1980, il peut enfin rejoindre Cooper Union, aux côtés de quelques condisciples inspirants, de futurs architectes qui marqueront leur époque, à l’instar de Nanako Umemoto et de Laurie Hawkinson, mais aussi de Dean Maltz, qui deviendra son associé à New York. Il y reçoit un enseignement de qualité, dispensé par d’éminents professeurs comme Bernard Tschumi, Peter Eisenman, Tod Williams, Diana Agrest, et, bien sûr, John Hejduk lui-même.

Il obtient un Bachelor of Architecture en 1984, après une année de césure passée dans l'agence d'Arata Isozaki à Tokyo, un passage fondateur auprès de l'un des maîtres de l'architecture japonaise contemporaine. Juste après l'obtention de ce diplôme, il fait un nouveau voyage en Europe et découvre avec émerveillement l'œuvre de l’architecte finois Alvar Aalto. La façon dont celui-ci ancre ses constructions dans leur contexte propre, en quête d’un dialogue intime entre les matériaux locaux et la lumière, le touche profondément.

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5 • La salle de concert temporaire de L'Aquila (Italie), qui a ouvert ses portes le 7 mai 2011, construite en papier, facile à assembler et durable. Le 6 avril 2009, un tremblement de terre frappe la ville. Le gouvernement japonais a annoncé la construction d’une salle de concert temporaire pour soutenir la reconstruction de cette ville réputée pour sa scène musicale. | Photo Shigeru Ban Architects

 

La bascule humanitaire

En 1985, Ban ouvre à Tokyo sa propre agence d’architecture et de design, sans commandes ni références. Pour survivre, il conçoit des scénographies d'expositions pour la galerie Axis, notamment une rétrospective consacrée à Alvar Aalto, où il utilise, pour la première fois, des tubes en carton afin de construire des cloisons légères et recyclables, en outre, peu coûteuses, faciles à installer et à démonter. Cette idée simple, née d’une contrainte d’exploitation, deviendra un élément majeur de sa signature.

6 • Concert donné dans la salle temporaire de L'Aquila (Italie)

Durant une dizaine d’années, il s’exerce au développement d’une architecture expérimentale et construit des maisons-études destinées à trouver des réponses adaptées à certaines questions fondamentales :

  • Qu'est-ce qu'un mur ?
  • Qu'est-ce qu'une façade ?
  • Peut-on habiter une maison dénuée de cloisons fixes et de structure lourde ?

 

De nombreux projets innovants voient le jour à l’instar de La « Maison rideau », de la « Maison sans murs » et de la « Maison nue ». Ban cherche avec audace des réponses à des questions que peu d'architectes ont l'audace de poser. En 1994, une série de reportages alarmants envahissent les écrans de télévision du monde entier, montrant les conditions de vie de deux millions de réfugiés rwandais. Ces populations vivent dans un état d’extrême dénuement, sans abri ni intimité. Choisissant de ne pas détourner le regard, Ban rédige une proposition à l’attention du Haut-Commissariat des Nations Unies, visant à construire des abris avec de simples tubes en papier. Selon lui, de telles structures pourraient être assemblées par des équipes locales, sans formation préalable. Leur fabrication n’exigerait que des matériaux simples à trouver, partout dans le monde, et parfaitement recyclables. Le Haut-Commissariat l'embauche comme consultant.

 

7 • Le Paper Partition System (PPM), créé par Shigeru Ban, offrir dignité et intimité à des réfugies après une catastrophe. | Okayama 180723 0026-2 @SBA

Un an plus tard, le 17 janvier 1995, à 5h46 du matin, un tremblement de terre de magnitude 6,9 frappe la région de Kobe, dans le sud du Japon. En quelques secondes, plus de 100 000 bâtiments sont endommagés, tuant sur le coup près de 6 000 personnes. Des dizaines de milliers d’individus se retrouvent à la rue, par une nuit d'hiver glaciale. Le gouvernement japonais déploie des maisons temporaires préfabriquées ; des cabanons en métal et contreplaqué, fonctionnels mais glacials et impersonnels. Pour une communauté de réfugiés vietnamiens établie à Kobe depuis plusieurs années, aucune solution n’est proposée par les autorités. Ces familles, apatrides aux yeux de l'administration nipponne, ne bénéficient d'aucune aide officielle au relogement. Ban se rend sur place en compagnie d’une petite troupe d’étudiants bénévoles. Équipé d’une importante quantité de tubes en carton et armé d’une détermination à toute épreuve, en quelques semaines seulement, ce petit groupe construit des maisons d'urgence habitables et dignes, fondées sur des caisses de bière remplies de sable, enveloppées dans des membranes plastiques et recouvertes de toiles de tente. Interrogé à la télévision sur les raisons d’être de ce projet humaniste, Ban se contente d’affirmer qu’il fait des choses simples, solides et humaines.

 

8 • Trois unités du système de cloisons en papier (PPS) ont été installées au centre de loisirs Westwood, situé à Santa Monica, en Californie (USA), l'un des refuges pour les personnes touchées par les incendies de forêt qui ont ravagé l'ouest de Los Angeles les 7 et 8 janvier 2025. | Photo Shigeru Ban Architects

La Paper Log House de Ban repose sur une technique d'assemblage privilégiant l’emploi de matériaux disponibles localement. Les murs sont constitués de tubes en carton de 108 millimètres de diamètre et de 4 millimètres d'épaisseur, dressés verticalement, jointoyés par de la mousse de polyuréthane et imperméabilisés par un traitement à la paraffine. Ces structures sont couvertes d’une tente de camping standard, déclinée selon les disponibilités locales. Les fenêtres sont de simples châssis en matière plastique. La fondation, faite de caisses de bière en plastique remplies de sable, peut faire sourire. Ce choix est pourtant logique : les caisses vides sont légères, facilement transportables, et une fois remplies de sable prélevé sur place, elles offrent un lest stable et une isolation correcte du sol. L'ensemble peut être monté en quelques heures par une équipe d'une dizaine de personnes, sans formation préalable, sans engins de chantier, sans soudure ni maçonnerie. Il peut être démonté aussi vite, et ses composants ne laissent presque aucun déchet.

Le succès de son initiative incite Ban, jusque-là architecte expérimental, à devenir un architecte engagé en fondant le Voluntary Architects' Network – VAN –, un réseau bénévole voué à intervenir pour soutenir les populations victimes de catastrophes environnementales ou liées à des conflits armés.

  

9 • Metz, annexe du Centre Pompidou de Paris, à la fois musée d'art et théâtre. L’immense toit en bois lamellé-collé, au motif hexagonal tissé inspiré des chapeaux chinois en bambou, et la façade vitrée ouverte sur le parc créent une transition continue entre l'espace intérieur et l’extérieur. Les galeries principales sont une série de tubes rectilignes en porte-à-faux, qui flottent au-dessus du sol, et leurs fenêtres en verre sont orientées vers la cathédrale et d'autres monuments de la ville. | Photo Adobe Stock

Trois mots pour qualifier l’engagement de Shigeru Ban

  • Ingéniosité. La capacité de résoudre un problème complexe avec des moyens simples. Ban ne cherche pas la solution la plus sophistiquée, mais la plus juste.
  • Dignité. Mot-clé de toute son action humanitaire. Abriter des personnes déplacées, c'est leur rendre leur statut d'êtres humains, pas seulement les protéger de la pluie.
  • Sobriété. Non pas par manque d'ambition, mais par conviction profonde que la beauté n'a pas besoin d'excès. Ses matériaux sont pauvres. Ses espaces sont riches.

 

« Du carton ? Sérieusement ?! »

Il faut assurément s’appeler Shigeru Ban pour envisager de construire un bâtiment à l’aide de rouleaux de papier toilette. Ban s’intéresse aux tubes de carton utilisés dans les usines textiles comme bobines de fil ou comme cœur des rouleaux de tissu. Ces matériaux omniprésents, qui ne coûtent presque rien, finissent systématiquement à la poubelle. Ban décide de les récupérer et de les assembler pour les transformer en véritables matériaux de construction, colonnes, poutres et même murs entiers. Peaufinant sa méthode avec rigueur, il obtient rapidement des résultats probants et élégants. Le tube constitue une forme géométrique particulièrement résistante. En physique des structures, on sait qu'un cylindre creux supporte des charges de compression sensiblement supérieures à celles tolérées par une barre pleine, de masse équivalente. Cette caractéristique étonnante explique pourquoi les os longs des vertébrés ont une structure tubulaire et creuse, la nature ayant inventé le tube bien avant l'industrie.

 

10 • Le tremblement de terre de février 2011 survenu à Christchurch, d’une magnitude de 6,3, causa des dégâts considérables à la cathédrale de Christchurch. Chargé de concevoir une cathédrale temporaire, Shigeru Ban utilisa des tubes en papier et des conteneurs d'expédition de 20 pieds pour créer une structure triangulaire. Cette cathédrale peut accueillir 700 personnes et est utilisée comme espace événementiel et comme salle de concert. | Photo Steve Goodenough

Le papier, de son côté, est plus robuste qu'on le croit. Une feuille de papier se déchire facilement, mais, roulé en couches serrées, comprimé et densifié, un tas de feuilles acquiert une rigidité surprenante. Les tubes que Ban utilise sont constitués de papier recyclé, enroulé en spirale sous haute pression, pour constituer des tubes de plusieurs centimètres d'épaisseur. Soumis à des tests en laboratoire, ils révèlent des propriétés mécaniques qui n'ont rien à envier au bois de construction, ni même à certains profilés métalliques légers. L’utilisation du papier fait émerger des interrogations à propos des risques liés à l'eau et au feu. Ban affirme que les tubes peuvent être facilement imperméabilisés par un traitement à base de paraffine ou de vernis. Il démontre qu’un traitement adapté, à base d’adjuvants ignifugeants intégrés lors de leur fabrication, permet d’augmenter la résistance des tubes au feu. En 1995, il obtient du ministère japonais de la Construction la certification permettant d'utiliser les tubes en papier comme éléments de structure permanente, ce qui constitue une première mondiale.

 

Trois fonctions, un seul matériau, pour une cohérence totale

Les tubes en papier de Ban peuvent jouer trois rôles au sein d’une construction. Dressés verticalement, ils permettent de construire de solides colonnes. Posés horizontalement entre deux appuis, ils se transforment en poutres capables de franchir des travées. Alignés les uns contre les autres et reliés par un système d'assemblage simple, ils forment un mur, opaque ou translucide, selon l'espace laissé entre les tubes. Un seul matériau pour trois usages, transformant la cohérence en économie.

 

11 • Vue intérieure de la cathédrale temporaire de Christchurch | Photo Steve Goodenough

 

Une démarche écoresponsable avant l’heure

Ban porte une attention particulière au cycle de vie de ses matériaux. Dans les situations de crise – séismes, inondations, déplacements de populations –, il est souvent difficile de disposer rapidement des matériaux nécessaires à la construction d’abris d’urgence. Le coût de ces matériaux est élevé et, faute d'infrastructures, leur transport est souvent difficile. Le tube en papier résout à lui seul ces trois difficultés. Tout d’abord, il est produit dans la quasi-totalité des pays du monde, dans des usines textiles ou des imprimeries. Il est si léger qu’une personne peut porter à elle seule plusieurs dizaines de tubes, ce qui facilite sa manipulation par des équipes non spécialisées. Et, une fois la crise passée, lorsque les réfugiés ont regagné un logement définitif, les structures d’urgence sont démontées et les tubes sont facilement recyclés, quasiment sans déchet.

 

Éloignée de toute ambitions marketing, cette « circularité » constitue une véritable philosophie. Fidèle à son engagement, Ban affirme que l'architecture doit s’intéresser au recyclage de ses productions autant qu’à leur conception. Dans un monde où les ressources se raréfient et où les catastrophes climatiques font émerger de nouveaux besoins en matière de construction d'abris d'urgence, cette vision prend chaque année un peu plus de sens.

 

Construire des maisons, pas des abris de fortune

Ce qui distingue la Paper Log House d’une simple tente ou d’un baraquement préfabriqué, c'est l'attention portée par l’architecte à la qualité de vie intérieure. Ban ne cherche pas à fournir le minimum vital mais plutôt à recréer les conditions d'une vie domestique aussi normale que possible, quelles que soient les circonstances. Les murs en tubes offrent une isolation thermique supérieure à celle du métal ou du bois contreplaqué. La lumière filtre doucement à travers les joints, créant une ambiance chaude et apaisante. L'espace intérieur est aisément modulable et on peut agencer les pièces selon les besoins de chaque famille. Ban a souvent repris les propos d'une habitante de Kobe qui affirmait, quelques semaines après avoir emménagé dans une maison de papier : « Pour la première fois depuis le séisme, je me sens chez moi. » Cette phrase résume mieux que n'importe quelle formule technique ce que l'architecture peut apporter à des populations en détresse. Le concept de la Paper Log House s’adapte facilement à chaque nouveau contexte de crise. En Inde, lors du tremblement de terre du Gujarat en 2001, Ban remplace les fondations en caisses de bière par des rangées de parpaings, récupérés dans les décombres, tandis que les murs de tubes de carton sont combinés avec des bambous locaux pour renforcer la structure et l'ancrer davantage dans les traditions architecturales indiennes. Au Sri Lanka, après le tsunami de 2004, l'adaptation prend en compte l'humidité tropicale ambiante et exige un traitement imperméabilisant renforcé et une surélévation des planchers. À chaque fois, le principe reste le même, mais la mise en œuvre se plie aux contraintes du terrain. C'est l'une des grandes leçons de cette architecture intelligente : une solution d'urgence ne peut être universelle que si elle est adaptable. Un système rigide, même parfaitement conçu, sera toujours moins efficace qu'un principe souple, capable d'incorporer les matériaux, les compétences et les traditions locales.

 

12 • En mai 2008, la ville de Sichuan est dévastée par un tremblement de terre. Une collaboration entre des universités japonaises et chinoises aboutit à la construction de salles de classe temporaires, à l’aide de structures tubulaire en papier bon marché, recyclables, réutilisables et facilement disponibles sur place. Durant les vacances d'été, 120 bénévoles japonais et chinois ont travaillé à la construction tout en approfondissant leur compréhension mutuelle. De nouvelles méthodes de construction, simples et adaptés à des personnes non qualifiées, ont été mises au point. Trois bâtiments et neuf salles de classe ont été achevés en quarante jours. | Photo Shigeru Ban Architects

 

Le Paper Partition System : rendre l'intime possible

Après une catastrophe, les survivants sont souvent regroupés dans des espaces collectifs d'hébergement d'urgence, tels que des gymnases, des salles polyvalentes ou des halls d'exposition. S’ils peuvent accueillir un grand nombre de personnes sans nécessiter de construction dédiée, ces espaces ont le défaut de n’offrir aucune intimité à leurs occupants temporaires. Dans un gymnase transformé en centre d'hébergement, des centaines de familles coexistent, séparées les unes des autres par l'espace entre deux matelas. Le moindre bruit circule et les conversations privées deviennent publiques. Les personnes âgées, souvent très pudiques, doivent composer avec ces contraintes pour les gestes les plus intimes du quotidien : s'habiller, se laver et dormir.

 

Faisant ce constat dès les premières interventions du réseau VAN, Ban propose une réponse simple, déployable en quelques heures, qu’il baptise Paper Partition System. Ce PPS s’articule autour d’une cloison mobile fabriquée à partir de tubes en papier et d'un tissu tendu entre les tubes. Sa conception est d'une simplicité enfantine, les tubes dressés verticalement formant les montants et étant reliés par des traverses horizontales, également faites de tubes. Une toile de tissu blanc est tendue sur ce cadre et l'ensemble délimite un espace de quelques mètres carrés, suffisant pour isoler une famille et lui donner quatre murs sans plafond, à la façon d'un paravent géant. Il ne s’agit pas d’une maison, ni même d’un appartement, mais juste d’une pièce ou d’une cellule d'intimité, qui affirme à ses occupants que leur vie privée existe et que nul ne doit se fondre anonymement dans la masse. Le PPS peut être installé par des bénévoles en quelques heures et sa mise en place ne requiert aucun outil particulier. Sa taille peut être modulée selon les besoins des familles et son transport est facilité par la légèreté de sa structure, même lorsque les routes sont endommagées.

 

13 • En 2024, le réseau VAN a conçu un service chirurgical hospitalier municipal dans la ville de Lviv, en Ukraine. Toutes les parties de la structure du bâtiment sont réalisées en bois lamellé-croisé, produit localement, à l'exception des noyaux en béton armé situés aux quatre coins de l’édifice. Le bâtiment a été conçu conformément à la réglementation européenne en matière de construction en bois afin de symboliser les aspirations de l'Ukraine à rejoindre l'UE, permettant au bois d'être apparent à l'intérieur comme à l'extérieur. | Photo Shigeru Ban Architects

 

Un impact humain avéré

Après le grand séisme de l'Est du Japon, survenu en mars 2011, le réseau VAN déploie plus de 1 800 partitions de ce type dans une cinquantaine de centres d'hébergement à travers les préfectures sinistrées. Les témoignages collectés par les équipes sur place sont cohérents et émouvants. Des personnes âgées expliquent qu’elles ont pu dormir la nuit sans être réveillées par les bruits incessants du gymnase. Des mères décrivent comment elles ont retrouvé leur dignité en allaitant ou en changeant leurs nourrissons sans s’exposer au regard d’autrui tandis que des couples évoquent le retour d’une certaine forme d'intimité conjugale, que la promiscuité des premiers jours avait malmenée. Ces bénéfices peuvent paraître secondaires au regard des questions de survie immédiate, nourriture, eau et soins médicaux. Pour Ban, ils ne le sont pas du tout et les psychologues qui travaillent en situation de crise confirment l’intuition de l’architecte en exposant que la perte d'intimité est l'une des formes les plus profondes de déstabilisation de l'identité d’un individu. Retrouver un espace à soi, même réduit à quelques mètres carrés délimités par du tissu et du carton, c'est renouer avec son intimité et se retrouver soi-même. On interroge souvent Ban à propos de ses motivations humanistes. Pourquoi un architecte primé et reconnu dans le monde entier consacre-t-il une part significative de son temps à plier des tubes de carton dans des gymnases, après des séismes ou des tsunamis ? Sa réponse est simple et éloquente, presque désarmante. Il explique que les meilleurs architectes travaillent habituellement pour des clients riches et puissants, qui peuvent s’offrir les services des agences les plus prestigieuses. Pour lui, l’architecture doit être au service de tous. Il dénonce le déséquilibre et l’injustice qui consisteraient à accepter que l’excellence architecturale soit exclusivement réservée aux privilégiés. Loin d’être naïve, sa position est d’une extrême lucidité. Elle part de l’idée que l'architecture a une responsabilité sociale qui dépasse la beauté formelle ou l'innovation technique, et qu’elle ne peut être déléguée aux politiciens, aux ONG ou aux ingénieurs.

 

14 • Vue intérieure de l’hôpital de Lviv, en Ukraine | Photo Shigeru Ban Architects

Pourquoi faudrait-il, en effet, que les personnes les plus touchées par les catastrophes soient aussi celles qui reçoivent l'aide la plus sommaire ? Pourquoi les solutions d'urgence sont-elles presque toujours laides, inconfortables et dégradantes ? Pourquoi l'architecture, qui mobilise tant d'énergie créatrice pour concevoir des boutiques de luxe ou des tours de bureaux, serait-elle absente au moment où elle serait la plus nécessaire ?

Ban a fondé le réseau VAN pour répondre à ces questions. Très différent d’une ONG classique, VAN s’apparente à un protocole, à une méthode et à une philosophie d'intervention. Les solutions que ce réseau développe sont documentées et mises à la disposition de tous. À chaque intervention, le réseau déploie la même approche qui consiste, en premier lieu, à se rendre sur place pour évaluer les besoins et adapter des solutions existantes au contexte local. Puis, VAN mobilise des étudiants bénévoles et des artisans locaux pour construire et consigner par écrit ce qui a fonctionné et ce qui devrait être amélioré. Ce travail de capitalisation et de partage est essentiel car il permet à chaque nouvelle intervention de bénéficier de l'expérience accumulée au cours des précédentes. En situation de crise, il est primordial de gagner du temps et d’économiser les ressources disponibles.

La Cardboard Cathedral de Christchurch

Le 22 février 2011, un séisme de magnitude 6,3 frappe Christchurch, l’une des grandes villes de la Nouvelle-Zélande. Succédant au tremblement de terre qui avait ébranlé la région six mois plus tôt, ce second choc dévastateur cause la mort de 185 personnes et détruit une grande partie du centre historique. La cathédrale Christ Church, construite au XIXe siècle en pierre taillée, est quasiment détruite et doit être fermée. L’absence de cet édifice, point de repère et lieu de rassemblement, creuse un vide dans le paysage urbain et contribue à malmener l'identité collective.

Les autorités contactent Shigeru Ban pour lui demander de concevoir une cathédrale temporaire, destinée à accueillir les fidèles et les citadins pendant la reconstruction de l'édifice. Sa proposition, d’une simplicité radicale, consiste à créer une structure triangulaire, dont la nef comprend 98 tubes en carton de 60 centimètres de diamètre, disposés en ogive et recouverts de polycarbonate translucide. Le bâtiment, qui peut accueillir 700 personnes, est équipé d'un orgue, d'autels et de vitraux, réalisés en papier coloré qui filtre la lumière avec une délicatesse surprenante. À l'extrémité de la nef, une imposante façade vitrée triangulaire fait office de rosace contemporaine. Cette Cardboard Cathedral (cathédrale de carton) déroute et séduit à la fois. Légère, transparente et provisoire, tout l’oppose à l’édifice original. Et pourtant, l'espace intérieur produit un effet indéniable, un sentiment mêlé de paix, de recueillement et d'élévation, que les bâtisseurs de cathédrales ont toujours cherché à susciter. Inaugurée en 2013, la Cardboard Cathedral devait à l'origine durer cinq ans. Pourtant, plus de dix ans plus tard, le débat sur la reconstruction de l'édifice en pierre est toujours en cours, opposant les partisans d'une reconstruction à l'identique, les tenants d'une architecture contemporaine et les pragmatiques qui ont fait de la cathédrale en carton leur lieu de culte permanent. Les citadins et les visiteurs s'y sont attachés et ce qui devait n'être qu'un bâtiment de transition est devenu un lieu de mémoire, un monument à part entière. Avec sa légèreté, elle incarne l’esprit de résilience d'une communauté qui a su se reconstruire avec ses moyens, dignement et sans attendre.

Musées, pavillons et grandes commandes : l'autre visage d'un architecte complet

En 2003, Shigeru Ban remporte, avec son associé parisien, Jean de Gastines, le concours pour la construction du Centre Pompidou-Metz, l’antenne lorraine du musée parisien. L'édifice ouvre ses portes en 2010 et s'impose immédiatement comme l'une des réalisations architecturales les plus abouties de la décennie en France. Sa toiture est une immense structure hexagonale constituée d'un réseau de poutres en bois lamellé-croisé. L'inspiration est directement empruntée à la vannerie asiatique traditionnelle et le tressage d'un chapeau de paille chinois est à l'origine du motif structurel de la toiture.

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Ce réseau de bois, d'une extraordinaire complexité géométrique, est recouvert d'une membrane translucide qui filtre la lumière du jour. L'intérieur des galeries est baigné d'une clarté diffuse, sans éblouissement, créant ainsi des conditions d'exposition idéales pour mettre en valeur les œuvres d'art, les visiteurs évoquant l’impression de se trouver sous un parasol géant, à la fois protégés et reliés à la lumière naturelle. L’ossature en bois a nécessité un important travail de recherche et de nombreux ajustements. Ses poutres, de longueurs variables, ont été fabriquées avec une précision millimétrique pour pouvoir être assemblées sur place, comme les pièces d'un puzzle tridimensionnel géant.

 

L'Aspen Art Museum : quand la façade devient œuvre

Inauguré en 2014 dans la station balnéaire et culturelle du Colorado, l'Aspen Art Museum illustre à lui seul le talent de Ban et sa capacité à produire une architecture sophistiquée sans technologie ostentatoire. Le bâtiment est enveloppé d'une façade en résille de bois tressé, qui constitue une sorte de grille à mailles variables, fabriquée à partir de lattes de bois. La complexité de son dessin produit des effets qui évoluent au gré des mouvements du visiteur. Cette façade, à la fois technique et poétique, filtre efficacement les rayons du soleil, réduisant les apports de chaleur durant l’été, sans bloquer la lumière. À l'intérieur du bâtiment, des galeries sont desservies par un escalier et une passerelle extérieure entourés de la même résille de bois, permettant au visiteur de découvrir la ville et la montagne lointaine à travers un voile végétal. L'architecture se fait cadre, organisant le regard tout en abritant les collections.

 

Le fil conducteur d’une œuvre originale

Il serait tentant de voir dans l'œuvre de Ban deux visages incompatibles, correspondant respectivement à celui d’un architecte humanitaire et à celui d’un architecte de musées. Pourtant, dans les deux cas, l’artiste pose une même question : comment construire un espace au service des individus qui l'habitent ? Dans une salle de musée, habiter l’espace signifie être disponible à la contemplation et aux rencontres avec les œuvres. Dans un abri d'urgence, cette formule signifie retrouver un semblant de vie normale, de dignité, de confort minimal. Pour Ban, si la réponse architecturale est différente, la question est identique et les enjeux sont similaires, faisant référence, de manière plus ou moins évidente, à la dignité humaine et à des formes variées d’élévation spirituelle.

En 2014, cette cohérence profonde a convaincu le jury du Prix Pritzker de décerner à Shigeru Ban la plus haute distinction mondiale en architecture. Dans sa décision, le jury écrivit que Ban est « … l'un des rares architectes de notre époque à avoir su réconcilier l'engagement social et l'excellence formelle. », démontrant que ces deux ambitions, loin de s'exclure, peuvent se renforcer mutuellement.

 

Le Prix Pritzker

Souvent considéré comme le « Nobel de l'architecture », le Prix Pritzker fut créé en 1979 par la famille Pritzker, fondatrice du groupe hôtelier Hyatt. Chaque année, il récompense un architecte vivant, dont l'œuvre témoigne d'une combinaison de talent, de vision et d'engagement, et qui a produit des contributions cohérentes et significatives pour l'humanité et l'environnement. Ses lauréats comptent des personnalités remarquables parmi lesquelles Frank Gehry, Renzo Piano, Zaha Hadid, Norman Foster et Tadao Ando. Dans son discours de réception, en 2014, Ban ne parla pas de lui-même mais des familles de Kobe, des réfugiés rwandais et des habitants de Christchurch.

 

À propos de la durée de vie d’un bâtiment

La question de la longévité d’une construction peut sembler théorique au premier abord. Elle est pourtant au cœur des débats les plus vifs de l'architecture contemporaine, et l'œuvre de Shigeru Ban la pose de façon directe. La tradition architecturale occidentale est fondée sur la conviction qu’un bon bâtiment est un bâtiment construit pour durer. Les cathédrales gothiques ont été édifiées sur plusieurs générations, avec la certitude qu'elles serviraient les suivantes. Le Panthéon de Rome est debout depuis deux mille ans, l'Hôtel de Ville de Paris depuis cinq siècles. Ces bâtiments ne sont pas seulement fonctionnels ; ce sont des symboles, des points d'ancrage d’une identité collective, ainsi que des témoins historiques. Cette durabilité est éthiquement séduisante car, construire pour durer, c'est protéger par anticipation les générations futures et leur transmettre quelque chose de beau et d'utile. De plus, les matériaux lourds et durables comme la pierre, les briques ou le béton armé, ont fait la preuve de leur résistance aux caprices du temps, en résistant aux séismes et aux incendies. Mais que se passe-t-il lorsque les besoins évoluent ? Nos villes sont peuplées de logements collectifs bâtis dans les années 1960, d'immeubles de bureaux datant des années 1970, de centres commerciaux construits dans les années 1980. De nombreux bâtiments sont désormais inadaptés aux modes de vie contemporains. Leur durabilité peut être un piège. L'architecture légère et démontable a des vertus que ses détracteurs négligent : elle est profondément honnête et ne prétend pas à l'éternité. Elle se contente de mettre en œuvre des réponses concrètes, dignes et souvent élégantes à des enjeux immédiats. L’avenir à long terme ne constitue pas, pour elle une préoccupation sensible.

 

Sur le plan environnemental, ces arguments sont puissants car le secteur de la construction représente aujourd'hui 40% des émissions mondiales de CO. Pour répondre aux nouveaux enjeux auxquels l’humanité fait face, il est sans doute urgent de prendre en compte ces nouvelles approches architecturales, de construire moins lourd, à l’aide de matériaux recyclables et pour des durées de vie adaptées aux besoins réels des populations ciblées.

La réconciliation selon Ban

L'œuvre de Shigeru Ban ne tranche pas vraiment ce débat, et c'est peut-être sa leçon la plus subtile. La Cardboard Cathedral de Christchurch, conçue pour cinq ans, perdure depuis plus de dix ans, parce que la population s'y est attachée. De même, la Paper Log House, prévue comme abri temporaire, a été habitée pendant plusieurs années par certaines familles, qui rechignaient à la quitter. Le Centre Pompidou-Metz, en revanche, construit pour durer, utilise du bois lamellé recyclable et une membrane textile remplaçable, intégrant dans sa durabilité programmée une capacité d'adaptation et de renouvellement. Ce que Ban semble nous dire en définitive pourrait se résumer ainsi : la vraie question n'est pas de savoir combien de temps doit durer un bâtiment, mais de s’interroger sur sa capacité à vieillir avec dignité, évoluant et se transformant au gré de ses usages, sans jamais perdre son essence. Contrairement à la qualité, la durée n'est pas une vertu en soi.

 

https://www.youtube.com/watch?v=H12d5Vjditc

 

Repères chronologiques

1957 — Naissance à Tokyo (Japon).

Années 1970 — Départ aux États-Unis ; formation d’architecte (SCI-Arc, puis Cooper Union à New York).

1984 — Diplômé en architecture (Bachelor of Architecture, Cooper Union), formé notamment auprès de John Hejduk.

1985 — Ouverture de sa propre agence à Tokyo.

1995 — Après le séisme de Kobe, il intensifie son action de terrain et fonde le Voluntary Architects’ Network (VAN).

2003–2010 — Conception puis inauguration du Centre Pompidou-Metz (avec Jean de Gastines ; concours remporté en 2003, ouverture en 2010).

2013 — Inauguration de la Cardboard Cathedral à Christchurch (Nouvelle-Zélande), conçue après le séisme de 2011.

2014 — Lauréat du Prix Pritzker, la plus haute distinction internationale en architecture.

Zoom sur une œuvre : le pavillon de l'Exposition universelle d'Osaka-Kansai 2025 (Japon)

15 • Vue intérieure du Blue Ocean Dome | Photo : Hiroyuki Hirai

Le pavillon de l'Exposition universelle d'Osaka-Kansai en 2025 avait pour objectif de sensibiliser le public à la préservation des richesses marines pour les générations futures.

Trois dômes de tailles différentes, construits à partir de matériaux variés (bambou, CFRP – du plastique renforcé de fibre de carbone –, tubes en papier), ont été réunis pour former une surface courbe en trois dimensions. Le dôme A est mesure 19 mètres de diamètre et est fabriqué à partir de bambou laminé courbé. Le bambou pousse rapidement et peut être récolté au bout de 3 à 4 ans, mais les forêts de bambou abandonnées causent d'importants dommages environnementaux. Pour y remédier, le bambou de la préfecture de Kochi a été fendu en fines lamelles, traité à la vapeur, puis collé et compressé pour former des panneaux stratifiés. Ces panneaux de 8 mm d'épaisseur ont été courbés et superposés six fois, avant d’être utilisés pour construire un dôme géométrique rappelant l'artisanat traditionnel du bambou

Le dôme B est un dôme à grande portée d'un diamètre de 42 m, utilisant une structure en treillis plastique renforcé de fibre de carbone. Le Japon détient une part de marché mondiale importante pour la fibre de carbone, le principal matériau utilisé dans le CFRP. Malgré les conditions instables du sol sur le site de l'Exposition, qui nécessiteraient normalement la mise en place de pieux même pour des structures temporaires, l'utilisation de CFRP léger et très résistant a rendu inutile toute amélioration du sol, tout en permettant un démontage facile et en minimisant les déchets industriels. Des tubes en CFRP de 100 mm de diamètre et 5,6 mm d'épaisseur ont été disposés en deux couches à angle droit et assemblés à l'aide d'attaches de câbles. Des tubes en acier, utilisés comme éléments de renfort, ont été fixés de manière à sécuriser la membrane incombustible. Des tuyaux en CFRP, d'un diamètre de 100 mm et d'une épaisseur de 5,6 mm, ont été disposés en deux couches à angle droit et assemblés à l'aide d'attaches de câbles. Des tuyaux en acier, utilisés comme éléments de renfort, ont été fixés de manière à sécuriser la membrane incombustible.

Le dôme C, d’un diamètre de 19 m, est formé par une structure tridimensionnelle en tubes de papier de 137,8 mm de diamètre et de 18,9 mm d'une épaisseur. Des tubes de papier d'un diamètre extérieur de 114,3 mm et d'une épaisseur de 18,9 mm ont été utilisés pour la couche intérieure. Ceux-ci ont été assemblés à l'aide de joints à rotule en bois de 300 mm de diamètre, fabriqués à partir de cèdre japonais laminé, formant un espace ressemblant à une structure moléculaire. Après la fermeture de l'Expo, il sera réutilisé comme installation pour un hôtel de villégiature en cours de développement à l'étranger. La légèreté de la structure facilite également son transport.

 

Remerciements

L’équipe La Plume Malakoff Humanis souhaite vivement remercier l’agence 14 Septembre ainsi que Monsieur Shigeru Ban pour leur aide et leur aimable coopération.